EN EXCLUSIVITÉ : l'interview du nouveau président de l'Agefiph, M. Jean-Marie Faure

EN EXCLUSIVITÉ : l'interview du nouveau président de l'Agefiph, M. Jean-Marie Faure
publié le 03/01/2010

Président de l’Agefiph depuis le 16 septembre 2009, Jean-Marie Faure a l’intention de continuer à développer les plans mis en place afin de favoriser l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

Le plan mis en place en 2009 pour lutter contre les effets de la crise a-t-il été efficace ?
 
Nous n’avons pas encore de bilan complet, mais il est vrai que nous avions anticipé la crise, nous avons donc pu limiter les dégâts. Par exemple, au dernier trimestre 2009, le nombre de demandeurs d’emploi valides a beaucoup plus augmenté que le nombre de demandeurs d’emploi handicapés. Notre engagement pour 2010 sera encore plus fort.
 
Par exemple, certains points du plan 2009 ont besoin d’être renforcés. C’est le cas des efforts sur les nouvelles technologies, qui n’ont pas encore réellement commencé. Le but est de rapprocher les travailleurs handicapés de l’outil informatique afin de les aider dans leurs démarches de recherche d’emploi, aussi bien que dans leur vie professionnelle. Les entreprises sont très demandeuses de ce type de compétences.
 
Quelles sont vos autres priorités pour 2010 ?
 
La formation reste notre principale préoccupation. Alors que 80 % des personnes handicapées n’ont pas le bac, les entreprises recherchent en grande majorité des candidats qui soient au moins titulaires du bac ou d’un bac +2. Il y a donc un décalage entre l’offre et la demande, que nous essayons de combler grâce à la formation professionnelle. Par ailleurs, le maintien dans l’emploi fait partie de nos priorités.
 
Nous comptons aussi maintenir notre action Quota Zéro. Elle consiste à cibler toutes les entreprises qui n’ont mis en place aucun dispositif en faveur de l’intégration de personnes handicapées. L’an dernier, sur 27 000 entreprises concernées, nous en avons visité 23 000. Sur ces 23 000, 12 000 ont répondu et lancé des actions. Nous estimons qu’il en reste 6 000 qui soient réellement en danger et qui risquent d’être concernées par le durcissement des sanctions prévu pour cette année.
 
Nous devons d’ailleurs réunir nos partenaires afin de faire le point sur nos résultats, sur les actions qui ont bien fonctionné, et sur ce qui doit encore être amélioré.
 
Comment pensez-vous que la situation va évoluer dans les mois à venir ?
 
Tout dépendra de la façon dont les mentalités vont progresser. Il y a déjà eu d’énormes améliorations depuis la loi de février 2005, mais il reste encore beaucoup de travail. Même si plus de la moitié des entreprises respectent les quotas imposés, certaines ne jouent pas encore le jeu. La question n’est pas seulement matérielle : elle est humaine. Notre rôle consiste à permettre à une personne handicapée de travailler comme n’importe qui, mais lorsqu’un salarié handicapé intègre une entreprise, il n’est pas le seul concerné. Ce sont tous les collaborateurs qui doivent être sensibilisés. C’est ce qui peut rendre notre action compliquée : nous devons tenir compte de l’individu, mais aussi de son entourage et de l’entreprise.
 
Propos recueillis par Séverine Dégallaix
 
* Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées